
La Camarade ministre de la Famille et de la Solidarité, le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a animé, ce lundi 5 octobre 2026, une séance de l’activité « Dialogue avec le Peuple », au Pavillon Soleil Levant du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO). Organisée dans le cadre de l’Exposition gouvernementale, à l’occasion de la deuxième phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), cette rencontre a permis de présenter les acquis de son département et de répondre aux préoccupations des citoyens.
Dans sa déclaration liminaire, la ministre a rappelé les missions de son département en matière de solidarité, d’action humanitaire, de réconciliation nationale, de genre et de famille. Elle a expliqué que ses interventions contribuent aux priorités du Plan de relance 2026-2030, notamment à la consolidation de la cohésion sociale et au développement du capital humain.
Pour rapprocher les services sociaux des populations, le ministère a développé plusieurs dispositifs. La plateforme numérique nationale DƐMƐ SIRA permet aux citoyens de soumettre des demandes d’assistance et de contribuer à l’effort national de solidarité. Le service social mobile, expérimenté depuis avril 2026 dans la région du Kadiogo, propose une écoute, une évaluation des besoins et un accompagnement des personnes en difficulté. Selon les éléments présentés, plus de 700 personnes en auraient déjà bénéficié.
Le Registre social unique (RSU), qui compte plus de 430 000 ménages enregistrés, et la production de cartes d’invalidité sécurisées complètent ces dispositifs d’identification et de protection des personnes vulnérables.
Sur le plan humanitaire, la ministre a indiqué que 226 404 ménages ont été accompagnés dans leur retour dans 1 055 localités reconquises. Ces interventions comprennent des kits d’installation et des appuis à la reconstitution des moyens d’existence, notamment dans l’agriculture, l’élevage et la transformation des produits forestiers non ligneux. L’acquisition de 66 camions de ravitaillement humanitaire doit également renforcer les capacités d’acheminement de l’assistance du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR).
La protection de l’enfance occupe une place importante dans ce bilan. Selon la ministre, plus de 2 000 enfants en situation de mendicité ont été retirés de la rue et pris en charge, tandis que plus de 13 800 orphelins et autres enfants vulnérables ont bénéficié d’un appui à la scolarisation ou à la formation. Le département accompagne également 1 338 pupilles de la Nation ainsi que des enfants victimes de violences, notamment en matière d’état civil, de santé, d’alimentation et de soutien psychosocial.
Concernant l’autonomisation économique des femmes, près de 18 500 bénéficiaires ont reçu des crédits pour financer des activités agropastorales. Des équipements et des appuis techniques ont aussi été apportés à des femmes déplacées internes et retournées. La ministre a également fait état d’un accompagnement psychosocial et sanitaire au profit de plus de 1,2 million de personnes indigentes, ainsi que d’un soutien adapté à plus de 28 000 personnes handicapées.
Les échanges avec le public ont porté notamment sur l’assistance aux personnes vivant avec le VIH, la protection des orphelins et la prise en charge des enfants en situation de rue. Interrogée sur la réorganisation des fonds, la ministre a expliqué que celle-ci vise à améliorer l’efficacité des mécanismes de solidarité et la coordination des interventions. Elle a précisé que des démarches sont en cours pour intégrer les ressources destinées à la prise en charge des personnes vivant avec le VIH au Fonds d’assistance sociale et de solidarité nationale.
Sur la question des enfants en situation de rue, elle a insisté sur la responsabilité partagée des familles, des citoyens et des associations. Elle a invité les populations à orienter ces enfants vers les services sociaux, en soulignant que les dons directs peuvent contribuer à leur maintien dans la rue.
La lutte contre les mutilations génitales féminines a également été abordée. La ministre a rappelé l’interdiction de l’excision et appelé les chefs coutumiers et traditionnels, les autorités religieuses et les acteurs communautaires à renforcer la sensibilisation en faveur de la protection des filles et des pratiques culturelles positives.
À propos de l’accès des femmes à la terre, elle a indiqué que 30 % des superficies des périmètres aménagés par l’État leur sont réservées. Elle a également évoqué le développement de périmètres maraîchers et d’outils permettant de mieux identifier les productrices, leurs activités et leurs capacités de production, afin de faciliter leur accès aux marchés.
Au terme de la rencontre, la ministre a souligné la nécessité de poursuivre les efforts pour rendre les services sociaux plus accessibles, renforcer l’inclusion des personnes vulnérables et restaurer les moyens d’existence des populations déplacées, retournées et réinstallées. S’adressant aux élèves et étudiants en travail social, elle les a encouragés à faire de l’écoute, de la rigueur, de la discrétion professionnelle et du respect de la dignité humaine les fondements de leur pratique.






DCRP / Primature