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Carnet de route du Ministre de la Famille et de la Solidarité dans les villages retournés des Bankui

Episode 2: là où la vie reprend

11 heures.
Le cortège reprend la route.
Direction Biaro, deuxième étape de cette tournée au cœur des villages retournés.
Déguerpies le 20 mai 2023 sous la menace des groupes armés terroristes, les populations de Biaro ont pu regagner leur village à partir du 2 avril 2025, à la faveur des opérations de reconquête conduites par les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP).

À peine quelques kilomètres parcourus que la route devient encore plus exigeante.
La boue succède aux pierres.
Les ornières se multiplient.
Par endroits, il faut ralentir jusqu’à presque s’arrêter.
Personne ne parle beaucoup dans les véhicules.
Chacun observe cette nature immense où le silence semble raconter, à lui seul, l’histoire de cette partie du Burkina Faso.

Soudain, l’épave d’un véhicule militaire immobilisé attire notre attention. Quelques mots sont échangés, puis le cortège reprend sa progression. Quelques kilomètres plus loin, un second véhicule militaire, réduit en carcasse, surgit à son tour au bord de la piste. Ces vestiges silencieux rappellent que la reconquête du territoire s’est aussi écrite au prix de lourds sacrifices consentis par les Forces de Défense et de Sécurité et les Volontaires pour la Défense de la Patrie.

12 h 10.
Enfin Biaro.
Avant même d’apercevoir la foule, un autre spectacle saute aux yeux.
Une école éventrée.
Des antennes de communication couchées au sol.
Des bâtiments marqués par la violence.
Les stigmates de la barbarie sont toujours visibles.
Pourtant, au milieu de ces blessures, la vie reprend.
Les habitants accourent.
Les femmes entonnent des chants.
Les enfants observent avec curiosité cette délégation venue de Ouagadougou.
Comme partout, la Camarade Ministre commence par présenter ses civilités aux autorités coutumières et religieuses.
Puis vient le temps des confidences.
Le chef du village ne cache pas son émotion.
« 𝘽𝒆𝙖𝒖𝙘𝒐𝙪𝒑 𝒅𝙚𝒔 𝒏𝙤̂𝒕𝙧𝒆𝙨 𝙣𝒆 𝒔𝙤𝒏𝙩 𝙥𝒍𝙪𝒔 𝒍𝙖̀. 𝑵𝙤𝒖𝙨 𝙖𝒗𝙤𝒏𝙨 𝙥𝒆𝙧𝒅𝙪 𝙙𝒆𝙨 𝙥𝒂𝙧𝒆𝙣𝒕𝙨, 𝒅𝙚𝒔 𝒂𝙢𝒊𝙨, 𝒅𝙚𝒔 𝒗𝙤𝒊𝙨𝒊𝙣𝒔. 𝙈𝒂𝙞𝒔 𝒂𝙪𝒋𝙤𝒖𝙧𝒅’𝒉𝙪𝒊, 𝙣𝒐𝙪𝒔 𝒔𝙤𝒎𝙢𝒆𝙨 𝙧𝒆𝙫𝒆𝙣𝒖𝙨 𝙥𝒂𝙧𝒄𝙚 𝙦𝒖𝙚 𝙘𝒆𝙩𝒕𝙚 𝙩𝒆𝙧𝒓𝙚 𝙚𝒔𝙩 𝙡𝒂 𝒏𝙤̂𝒕𝙧𝒆. »

Le silence envahit quelques instants l’assistance.
Le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie KABORÉ s’incline devant la mémoire de toutes ces victimes.
Puis elle transmet le message du Camarade Président du Faso.
« 𝐈𝐥 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐫𝐞𝐦𝐞𝐫𝐜𝐢𝐞 𝐝’𝐚𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐜𝐡𝐨𝐢𝐬𝐢 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫. 𝐕𝐨𝐭𝐫𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐢𝐜𝐢 𝐞𝐬𝐭 𝐮𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐚𝐠𝐞. 𝐄𝐧 𝐨𝐜𝐜𝐮𝐩𝐚𝐧𝐭 𝐯𝐨𝐬 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐞𝐬, 𝐯𝐨𝐮𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐢𝐩𝐞𝐳 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐪𝐮𝐞̂𝐭𝐞 𝐝𝐮 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞. 𝐃𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐜𝐞𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐡𝐞́𝐬𝐢𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐯𝐞𝐧𝐮 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐫. 𝐄𝐧𝐬𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞, 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐠𝐚𝐠𝐧𝐞𝐫𝐨𝐧𝐬 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐠𝐮𝐞𝐫𝐫𝐞. »
Le message est accueilli par de longs applaudissements.
Ici, chacun comprend que revenir n’est pas seulement reconstruire sa maison.
C’est participer à la reconstruction de toute une Nation.

Les échanges permettent également d’identifier les besoins prioritaires des populations : l’accès à l’eau potable, la réhabilitation du barrage, du CSPS, des écoles, l’amélioration des voies d’accès, du réseau de télécommunication et un appui conséquent à la production agricole.
Autant de préoccupations que la délégation prend soigneusement en note.
Car écouter est la première étape de toute réponse durable.

À suivre… Dernière étape de cette première journée : Konanto, où le courage des populations force l’admiration et où l’espoir prend définitivement le dessus sur la peur.

DCRP/ Ministère de la Famille et de la solidarité

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