
Réunis du 11 au 14 août 2026 à Ouagadougou, les experts en santé du Burkina Faso, du Mali et du Niger planchent sur les livrables de l’an 2 de l’Alliance des États du Sahel (AES). Au cœur des échanges : la mise en place de mécanismes communs pour mieux répondre aux urgences sanitaires, renforcer l’accès aux produits de santé et consolider la souveraineté sanitaire de l’espace confédéral.




La coopération sanitaire entre les trois pays de l’Alliance des États du Sahel franchit une nouvelle étape. Les experts des ministères de la Santé du Burkina Faso, du Mali et du Niger sont réunis, du 11 au 14 août 2026 à Ouagadougou, dans le cadre de la rencontre-cadre consacrée à la mise en œuvre de la feuille de route de l’an 2 de l’AES.
Pendant quatre jours, les équipes techniques des trois États membres mettent en commun leurs expertises et leurs expériences pour faire avancer les différents livrables inscrits dans le domaine de la santé. Il s’agit notamment de préciser les orientations, les priorités, les responsabilités et les modalités de mise en œuvre des actions retenues.
À l’ouverture des travaux, le Chargé de missions du ministère de la Santé, Ardjouma Ouédraogo, représentant le ministre de la Santé, a transmis le message du ministre aux délégations participantes. Celui-ci a placé la rencontre sous le signe de l’action et des résultats.
Trois domaines prioritaires ont été identifiés : la surveillance et la réponse aux urgences sanitaires, la régulation pharmaceutique et l’accès aux produits de santé. Sur ce dernier volet, l’accent est notamment mis sur la mutualisation des ressources et la mise en place de mécanismes communs d’achat.
Pour le ministre, l’enjeu est d’aller au-delà des déclarations d’intention. Face aux maladies à potentiel épidémique, aux urgences de santé publique, aux difficultés d’accès aux soins et aux produits de santé et à la dépendance des chaînes d’approvisionnement extérieures, une coopération plus structurée apparaît nécessaire.
« Notre ambition ne doit pas être simplement de produire des recommandations, mais de parvenir à des résultats concrets, tangibles, opérationnels et mesurables », a-t-il insisté.
𝗩𝗲𝗿𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗺é𝗰𝗮𝗻𝗶𝘀𝗺𝗲𝘀 𝘀𝗮𝗻𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝘀
Les travaux portent ainsi sur plusieurs pistes de coopération, notamment le partage de l’information sanitaire, l’harmonisation des maladies et événements à notification prioritaire, la veille pharmaceutique ainsi que la mise en place de procédures communes d’alerte précoce et de notification transfrontalière.
Pour la délégation malienne, cette dynamique constitue une opportunité de renforcer les capacités collectives des États membres. Prenant la parole au nom du Mali, le Directeur général de la santé et de l’hygiène publique, Cheick Amadou T. Traoré, a salué une démarche susceptible de contribuer à la construction d’un espace davantage capable d’assumer sa souveraineté dans les différents domaines du développement, notamment celui de la santé.
Du côté du Niger, le Directeur général de la santé publique, Adamou Moustapha, a réaffirmé l’engagement des experts nigériens à poursuivre les efforts engagés dans le cadre de la feuille de route de l’an 2. Il a relevé l’attente des ministres à l’égard des équipes techniques, appelées à produire des livrables susceptibles d’améliorer concrètement la santé des populations de l’espace AES.
𝗗𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝘂𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝘂𝘅
Au terme de cette rencontre, les experts devront formuler des propositions opérationnelles et dégager une feuille de route pour renforcer la coopération sanitaire entre les trois pays.
Cette rencontre de Ouagadougou entend ainsi contribuer à traduire la convergence politique de l’AES en actions sanitaires communes, opérationnelles et mesurables, avec en ligne de mire un objectif majeur : renforcer la capacité des trois États à répondre collectivement aux défis sanitaires et à consolider leur souveraineté dans le domaine de la santé.
DCR/MS