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Carnet de route du Camarade Ministre de la Famille et de la Solidarité dans les villages retournés du Sourou-Bamkui

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11 h 12.
Le cortège quitte Diéni.
Retour vers Dédougou avant de prendre une nouvelle direction.
Objectif : Goina.
Le bitume retrouve le cortège.
La circulation devient rare.
La nature accompagne silencieusement cette dernière étape.
Puis, au loin, une foule apparaît.
Femmes.
Jeunes.
Élus.
Tous attendent l’arrivée de la délégation.
À peine le Ministre descend-il de son véhicule que les tam-tams couvrent déjà les applaudissements.
Les motos rejoignent spontanément le cortège.
Les klaxons retentissent.
Pendant quelques minutes, Goina ressemble à une immense fête populaire.
Direction la cour du Chef de canton.
Une concession qui respire les traditions du Burkina profond.
Les notables sont déjà réunis.
L’un d’eux prend la parole.
« 𝙉𝙤𝙪𝙨 𝙧𝙚𝙢𝙚𝙧𝙘𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙡𝙚 𝘾𝙖𝙢𝙖𝙧𝙖𝙙𝙚 𝙋𝙧é𝙨𝙞𝙙𝙚𝙣𝙩 𝙙𝙪 𝙁𝙖𝙨𝙤 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙡𝙚𝙨 𝙚𝙛𝙛𝙤𝙧𝙩𝙨 𝙘𝙤𝙣𝙨𝙚𝙣𝙩𝙞𝙨 𝙙𝙖𝙣𝙨 𝙡𝙖 𝙧𝙚𝙘𝙤𝙣𝙦𝙪ê𝙩𝙚 𝙙𝙪 𝙩𝙚𝙧𝙧𝙞𝙩𝙤𝙞𝙧𝙚. 𝙎𝙖𝙣𝙨 𝙘𝙚𝙩𝙩𝙚 𝙧𝙚𝙘𝙤𝙣𝙦𝙪ê𝙩𝙚, 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙣𝙚 𝙨𝙚𝙧𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙥𝙖𝙨 𝙞𝙘𝙞 𝙖𝙪𝙟𝙤𝙪𝙧𝙙’𝙝𝙪𝙞. »
Un autre poursuit.
« 𝙉𝙤𝙪𝙨 𝙖𝙫𝙤𝙣𝙨 𝙦𝙪𝙞𝙩𝙩é 𝙣𝙤𝙩𝙧𝙚 𝙫𝙞𝙡𝙡𝙖𝙜𝙚 𝙚𝙣 2022. 𝘼𝙪𝙟𝙤𝙪𝙧𝙙’𝙝𝙪𝙞 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙨𝙤𝙢𝙢𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙫𝙚𝙣𝙪𝙨, 𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙣𝙤𝙪𝙨 𝙖𝙫𝙤𝙣𝙨 𝙚𝙣𝙘𝙤𝙧𝙚 𝙗𝙚𝙨𝙤𝙞𝙣 d’être 𝙖𝙘𝙘𝙤𝙢𝙥𝙖𝙜𝙣é𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙥𝙧𝙤𝙙𝙪𝙞𝙧𝙚 𝙚𝙩 𝙧𝙚𝙘𝙤𝙣𝙨𝙩𝙧𝙪𝙞𝙧𝙚 𝙣𝙤𝙨 𝙫𝙞𝙚𝙨.»

Les traces de la crise sont encore visibles jusque dans la cour du chef.
Mais les regards ont changé.
Ils parlent désormais d’avenir.
Le Camarade Ministre s’incline à son tour devant la mémoire des disparus.
Puis elle demande aux chefs coutumiers de poursuivre leurs prières et leurs conseils afin que le Burkina retrouve définitivement la paix.
Quelques instants plus tard, la délégation rejoint la population.
Sur les banderoles, les messages témoignent de l’engagement des habitants.
« 𝗠𝗲𝗿𝗰𝗶 𝗮𝘂 𝗖𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮𝗱𝗲 𝗣𝗿é𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗙𝗮𝘀𝗼 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗹𝗶𝗯é𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗼𝗰𝗮𝗹𝗶𝘁é »
« 𝗟𝗲𝘀 𝗳𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗶𝗹𝘀 𝗱𝗲 𝗚𝗼𝗶𝗻𝗮 𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴é𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝗰ôté𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗙𝗗𝗦 𝗲𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗩𝗗𝗣 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗿𝗲𝗰𝗼𝗻𝗾𝘂ê𝘁𝗲 𝗱𝘂 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹.»

Le préfet dresse alors un bilan encourageant.
Sur les 24 villages déguerpis en 2022 dans les deux communes visitées, 22 ont déjà retrouvé leurs populations.
Les deux derniers n’attendent plus que le feu vert des forces engagées sur le terrain.
Plus de 7 000 personnes, représentant près de 1 100 ménages, sont revenues reconstruire leur avenir.
Les besoins demeurent nombreux : écoles, centres de santé, ambulance, infrastructures pour les Forces combattantes, périmètres irrigués, maisons de la femme et activités génératrices de revenus.

Face aux femmes, le Camarade Ministre transmet une dernière fois le message du Président du Faso.
« 𝙇𝙚 𝙋𝙧é𝙨𝙞𝙙𝙚𝙣𝙩 𝙫𝙤𝙪𝙨 𝙧𝙚𝙢𝙚𝙧𝙘𝙞𝙚 𝙙’𝙖𝙫𝙤𝙞𝙧 𝙖𝙘𝙘𝙚𝙥𝙩é 𝙙𝙚 𝙧𝙚𝙫𝙚𝙣𝙞𝙧. 𝙄𝙡 𝙫𝙤𝙪𝙨 𝙙𝙚𝙢𝙖𝙣𝙙𝙚 𝙙𝙚 𝙧𝙚𝙨𝙩𝙚𝙧 𝙢𝙤𝙗𝙞𝙡𝙞𝙨é𝙚𝙨, 𝙙𝙚 𝙘𝙤𝙣𝙩𝙞𝙣𝙪𝙚𝙧 à 𝙨𝙤𝙪𝙩𝙚𝙣𝙞𝙧 𝙡𝙚𝙨 𝙁𝙤𝙧𝙘𝙚𝙨 𝙙𝙚 𝘿é𝙛𝙚𝙣𝙨𝙚 𝙚𝙩 𝙙𝙚 𝙎é𝙘𝙪𝙧𝙞𝙩é 𝙖𝙞𝙣𝙨𝙞 𝙦𝙪𝙚 𝙡𝙚𝙨 𝙑𝙤𝙡𝙤𝙣𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙡𝙖 𝘿é𝙛𝙚𝙣𝙨𝙚 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙋𝙖𝙩𝙧𝙞𝙚, 𝙣𝙤𝙩𝙖𝙢𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙚𝙣 𝙥𝙖𝙧𝙩𝙖𝙜𝙚𝙖𝙣𝙩 𝙡𝙚𝙨 𝙞𝙣𝙛𝙤𝙧𝙢𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙪𝙩𝙞𝙡𝙚𝙨 à 𝙡𝙖 𝙨é𝙘𝙪𝙧𝙞𝙨𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚 𝙫𝙤𝙨 𝙡𝙤𝙘𝙖𝙡𝙞𝙩é𝙨. »
Puis elle s’adresse à celles et ceux qui attendent encore de rentrer.
« 𝙋𝙧é𝙥𝙖𝙧𝙚𝙯-𝙫𝙤𝙪𝙨. 𝙇𝙚 𝙢𝙤𝙢𝙚𝙣𝙩 𝙫𝙞𝙚𝙣𝙙𝙧𝙖. 𝙀𝙩 𝙞𝙡 𝙫𝙞𝙚𝙣𝙙𝙧𝙖 𝙗𝙞𝙚𝙣𝙩ô𝙩. »
Avant de quitter Goina, elle remet des vivres et du matériel de production pour accompagner la reconstruction des ménages.

15 h 25.
Le cortège reprend la route.
Cette fois, direction Dédougou.
Le sentiment qui accompagne le retour est différent de celui du départ.
Au cours de ces deux journées, le Ministre aura parcouru des centaines de kilomètres sur des pistes parfois difficiles.
Mais surtout, elle aura rencontré des populations qui, malgré les blessures, ont choisi de croire à nouveau en leur terre.
Le constat est porteur d’espoir.
Dans les communes visitées, 22 des 24 villages évacués en 2022 sont aujourd’hui réinstallés.
Une réalité qui rend hommage au courage des populations, aux sacrifices des Forces de Défense et de Sécurité, à l’engagement des Volontaires pour la Défense de la Patrie et à la volonté des autorités de consolider la reconquête du territoire.

Au terme de cette mission, une conviction s’impose.
La reconquête ne se mesure pas seulement en kilomètres sécurisés. Elle se mesure aussi aux villages qui renaissent, aux champs qui reverdissent, aux écoles qui rouvrent et aux familles qui retrouvent enfin la terre de leurs ancêtres.

Fin du carnet de route.

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