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Accueil > À la une > Acutalités > Premier Ministère > Discours sur la Situation de la Nation : Les réponses du Premier Ministre (...)

Discours sur la Situation de la Nation : Les réponses du Premier Ministre aux questions des députés

vendredi 17 mai 2019

Le Premier Ministre, Christophe Joseph Marie DABIRE, après son exposé sur la situation de la Nation, ce jeudi 16 mai 2019, a répondu aux préoccupations des députés des différents groupes parlementaires qui composent l’Assemblée nationale. Les questions des élus nationaux ont concerné tous les domaines de la vie nationale. Voici en substance le résumé des réponses du Chef du Gouvernement sur les sujets majeurs.

« Je voudrais commercer par remercier l’ensemble des députés pour avoir répondu à mon appel. En concluant mon Discours sur la Situation de la Nation, je n’ai pas dit que j’attends des députés qu’ils me posent des questions. J’ai dit que j’attendais des députés, qu’ils me formulent des propositions pour mieux organiser l’action gouvernementale. C’est ce qui s’est passé. Tous les députés qui sont intervenus ont, à travers leurs questions, voulu que le Gouvernement soit mieux organisé pour pouvoir atteindre les objectifs de développement économique et social de notre pays. Je crois savoir que les préoccupations qui ont été exprimées, vont dans le sens de renforcer l’action gouvernementale. Avant d’essayer de donner quelques indications, parce que je ne pourrai pas répondre à toutes les questions, à toutes les préoccupations, je voudrais, si vous le permettez, faire quelques observations ou réajustements pour que nous nous comprenions bien ».

*Drame de Yirgou 

« Je voudrais que les honorables députés, face à la situation que nous connaissons, sachent raison garder. Nous avons des affrontements communautaires dans notre pays. Ce n’est pas à Yirgou et Arbinda seulement. Il y en a eu à l’Est, dans le Sud-ouest et dans d’autres localités. Je ne souhaiterais pas qu’au sortir de cet hémicycle, on pense que les honorables que vous êtes, entrevoient la possibilité d’un génocide dans notre pays. Le génocide est une action organisée, planifiée stratégiquement par des décideurs politiques, à un certain niveau. Ce qui se passe dans notre pays, n’est pas du tout cela. J’ai dit dans mon discours que les situations que nous avons vécues en matière d’affrontements communautaires, sont des situations qui plongent leurs racines dans le terrorisme. Le terrorisme est organisé de manière à créer la terreur sur un territoire ou dans une ville par des actions d’éclat. Lorsque ceux qui sont à la base de ce terrorisme se rendent compte que les actions d’éclat n’ont plus de portée, ils devient leurs stratégies sur d’autres actions du genre attaquer les individus, enlever des personnalités, créer des conflits à l’intérieur des communautés pour pouvoir continuer leur œuvre de destruction. C’est de cela qu’il s’agit, mais il ne s’agit pas d’une perspective de génocide dans notre pays. C’est ce sur quoi nous sommes entrain de travailler au niveau du Gouvernement, pour essayer d’endiguer le fléau des réseaux sociaux qui, aujourd’hui, tend à amener notre pays dans une direction qu’on ne souhaiterait pas ».

*Retards et chevauchements des années académiques.

« Au niveau de l’enseignement supérieur, le rattrapage des années académiques a fait l’objet d’un examen en conseil de ministres récemment. Nous avons demandé au ministre de tutelle de faire des propositions pour que l’on puisse rattraper les retards. Il y a l’effort d’investissement que nous sommes en train de faire pour démultiplier les amphithéâtres parce qu’aujourd’hui, ce sont les capacités d’accueil des structures d’enseignement qui sont insuffisantes. Je dis principalement, mais il y a aussi la gouvernance interne des universités qu’il va falloir revoir. Les instructions que nous avons données au ministre, c’est que l’Etat va mobiliser des ressources pour avancer dans la construction des infrastructures. C’est pourquoi, nous voulons rendre opérationnel très rapidement le site de Ouaga 2. Nous avons dit également que nous allons investir dans l’université virtuelle. Cela veut dire que les étudiants n’auront pas besoin d’être présents dans un amphithéâtre pour pouvoir suivre les cours. Ces deux activités sont en train d’avancer en termes de matérialisation. Nous avons également dit de prendre une mesure qui consiste à faire en sorte que les étudiants qui passent leur BAC cette année, commencent leur enseignement à bonne date. Dans un passé récent, on attendait que ceux qui étaient devant finissent leurs cours, aient leurs résultats avant de recruter les étudiants de l’année en cours. Ce, bien que ceux qui obtenaient leur bac en juin-juillet, attendent pratiquement le mois d’avril ou mai de l’année qui suit pour commencer à être recrutés. Alors que la rentrée académique dans tous les pays, c’est à partir du mois de septembre, octobre, dans le pire des cas, en novembre. Nous avons dit qu’il faut que les étudiants commencent à bonne date, ce qui veut dire que nous avons des infrastructures pour accueillir les enfants au bon moment, tout en laissant ceux qui sont en retard continuer leurs enseignements. Ce sont ces mesures concrètes que nous avons prises qui devraient permettre d’éviter le chevauchement, qui est devenu récurrent, puisse se poursuivre au niveau de nos universités. Du reste, il y a beaucoup de centres universitaires polytechniques qui ont été créés dans les différentes régions. Cela entre dans le cadre de la nécessité de contenir les étudiants des différentes régions dans leurs localités d’origine ».

*Construction d’un hôpital à Bobo-Dioulasso

« Au niveau de la santé, ce qui défraie la chronique, c’est la construction de l’hôpital de Bobo-Dioulasso. J’ai envie de dire que c’est une tempête dans un vers d’eau, parce que c’est une question qui est simple. Nous avons contractualisé avec nos amis Chinois et ils sont prêts à nous construire un centre hospitalier universitaire. Nous sommes allés à Bobo-Dioulasso pour déterminer un site. Le maire nous a proposé 3 ou 4 sites. Sur chacun des sites où la mission d’évaluation est partie, il y a eu des problèmes, il y a eu de la surenchère qui ne disent pas leurs noms. Nous avons investigué et nous avons vu que l’un des sites que nous avions proposés n’était pas loin de là où les Chinois veulent construire l’hôpital, c’est-à-dire la forêt de Kua. Nous avons envoyé une mission et nous avons dit que compte tenu de l’état de déboisement du site, on pouvait investir sans dommage sur la forêt classée. Deuxièmement, nous avons des engagements de la part de la République populaire de Chine de reboiser 16 hectares, l’équivalent de la partie de la forêt qui sera affectée. Ils ont même promis d’étendre cela à 30 hectares à leur frais. Les Chinois nous ont dit que si nous sommes d’accord, même les arbres qui sont dans le site qu’ils ont choisi, ils vont les déterrer et les replanter dans la forêt classée. Devant un investissement de 35 milliards de F CFA qui est une subvention, avec l’appui de ces promesses de notre partenaire chinois, nous étions fondés à aller dans le sens de leur accorder cet espace-là. Mais, je voudrais confesser ici que le Gouvernement a mal communiqué sur cette question. Nous avons mal communiqué parce que nous avons saisi le maire qui, sans attendre qu’un certain nombre de procédures soient engagées avec le ministère en charge de l’environnement, a donné son avis favorable pour le déclassement de la zone. (…) Je dois dire que nous avons essayé de rétablir les choses dans leurs faits et nous avons convoqué un conseil de cabinet pour rétablir tout cela. En tout état de cause, je prends la responsabilité de dire à la Représentation nationale que nous allons réaliser le projet en faveur des populations de Bobo-Dioulasso et que nous allons mettre toutes les formes pour que la population accepte cet investissement sans penser que nous sommes en train de remettre en cause la protection de l’environnement, parce que cela aussi nous tient à cœur ».

*Les écoles fermées

« Je me contenterai de parler juste des écoles fermées. Comparaison n’est pas raison, mais dans un pays voisin, le nombre d’écoles fermées était à plus de 3 000 pour des raisons que vous savez. Nous étions à 1 300 écoles fermées à un moment où nous avions mené une opération de masse sur le plan sécuritaire pour essayer de ramener l’Etat dans un certain nombre de zones qui avaient été désertées par les agents administratifs. Nous avons réussi à rouvrir plus de 450 écoles et ramener ce nombre à plus de 900écoles. Malheureusement, la recrudescence des attaques dans certaines zones a créé la psychose, et les écoles ont recommencé à se refermer. Mais la stratégie que nous avons élaborée avec nos partenaires techniques et financiers, c’est de voir la possibilité de travailler en sorte qu’on mette en place deux scénarii. Pour les zones où l’année est réellement compromise, nous allons prendre la responsabilité de déclarer l’année blanche parce que les élèves n’ont pas eu le temps de suivre les cours. Dans cette situation, on ne peut pas sauver l’année dans ces zones. Nous allons prendre des dispositions pour voir comment résoudre cette décision importante mais difficile que nous serons emmenés à prendre. Nous n’avons pas encore la décision finale du Ministre de l’Education Nationale et de la Promotion des Langues Nationales, parce qu’il est en train de faire une étude pour voir comment nous allons, dans le meilleur des cas, sauver l’année pour la grande majorité des élèves. Le deuxième scénario est que dans toutes les zones où les enfants sont suffisamment avancés, puisqu’ils ont fait les ¾ de leurs programmes, nous allons essayer de les ramener dans des zones sécurisées, pour leur faire une formation rapide avec un réajustement des curricula, pour leur permettre de passer les examens de cette année ».

*Saisie du charbon fin de la mine Essakane

« Au niveau des mines, je vais prendre deux éléments de ce domaine. Pour ce qui concerne le charbon minier dont on a parlé, le dossier est entre les mains de la justice. La douane a intercepté les wagons transportant le charbon. Le procureur a été impliqué. Ils ont fait des expertises, des contre-expertises. Aujourd’hui, le dossier est entre les mains de la justice. On a fait venir des gens de l’extérieur pour regarder, tout cela c’est de l’argent qu’on met dedans. Ce n’est pas notre partenaire qui met son argent parce que c’est nous qui avons intérêt que le problème soit résolu. Il faut que la justice travaille pour qu’on ait des résultats. S’il est avéré qu’il y a fraude, les sanctions vont tomber ».

*Retour au coton BT

« Je pense que c’est le domaine dans lequel le chef de l’Etat s’est personnellement investi. A plusieurs reprises, il m’a convoqué dans son cabinet pour me dire de régler cela. Ce n’est pas acceptable que le pays qui était le premier producteur dans la zone devienne 4e producteur en si peu de temps. (…) C’est en cela que nous avons demandé au Ministre du Commerce de convoquer tous les protagonistes. Le monde du coton est un monde de grand business. Ce n’est pas à vous que je vais le dire. Ils sont dedans, ils se font la barre inutile parce qu’il y a de l’argent qu’ils vont gagner. Nous avons réuni tout le monde et nous leur avons expliqué la vision du Chef de l’Etat. Nous nous sommes retirés du coton BT parce qu’il y avait un problème de fibre et notre coton ne se vendait pas bien sur le marché. Aujourd’hui, les pays qui sont devant nous, à savoir la Côte d’ivoire, le Mali, le Bénin travaillent sur le coton traditionnel. Malgré la culture du coton traditionnel, ils sont devant nous en termes de production. Cela veut dire que notre coton traditionnel auquel nous sommes revenus est capable de nous permettre de produire autant pour redevenir premier producteur. Ce n’est pas le fait de revenir au coton conventionnel qui nous a amenés à cette situation, mais une question d’organisation de la filière. Il faut que l’on revoie la filière, que l’on se réorganise autrement et que nous fassions en sorte que les producteurs adhèrent et qu’on les soutienne pour qu’ils puissent aller de l’avant. C’est ce que nous avons fait et le prix a été revu à la hausse. Nous avons accepté une subvention de 13 milliards de F CFA pour les intrants. Nous avons dit qu’il faut évaluer le manque à gagner de la filière. Une fois que nous aurons les chiffres du manque à gagner, le Gouvernement verra ce qu’il peut faire. Nous avons mis en place un comité d’orientation et de suivi. (…) La volonté du Chef de l’Etat c’est de retrouver la place de premier producteur de coton en Afrique parce que dans notre pays, il y a près de 15 millions de personnes qui vivent de cette filière. Il faut faire en sorte que ces 15 millions de personnes ne tombent pas dans la pauvreté. C’est ce qui motive tous les efforts financiers que nous sommes en train de faire. Pour ce qui concerne le retour au coton BT, les chercheurs y travaillent. Nous leur avons demandé de trouver la solution. Le coton BT ne fait pas notre affaire parce que la fibre est courte. Le coton traditionnel qui se vend bien sur le marché nous a fait reculer parce qu’il y a des difficultés de conception. Nous leur avons demandé de nous trouver un type de coton qui nous permet d’allier les avantages du coton BT et du coton traditionnel ».

Propos recueillis et transcris par la DCI/PM

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